Le Tour
Le Tour est une exploration visuelle en images vidéo en continue projetées sur trois écrans semi transparents en tulle noir. Dans la noirceur, la projection s’arrête sur les écrans, mais laisse deviner en transparence l’interprète derrière qui agit directement sur l’environnement créé, laissant place à l’idée que c’est l’artiste qui contrôle l’œuvre et qui crée du visuel atmosphérique et sonore.
Dès les premières notes numériques provenant de l’ordinateur, force est de constater qu’un lieu est créé en partenariat avec l’image. L’endroit choisi pour la démonstration du dispositif change et n’est plus qu’une simple salle avec des outils et des éléments de spectacle rangés un peu partout. Le lieu devient autre et nous transporte ailleurs.
Ce qui est intéressant c’est que l’expérience est positive autant pour le public qui vit le moment que pour le musicien artiste A\V qui interprète l’œuvre. Une certaine force enveloppante soulève l’artiste en créant une atmosphère conductrice d’émotion et d’inspiration permettant un contexte de comprovisation excellent. Un effet envoûtant s’est révélé. Il se crée une relation directe avec l’œuvre et l’atmosphère qui provoque un état d’inspiration.
Un sentiment solide de vivre dans le moment immédiat prend le contrôle et conduit l’œuvre en complète collaboration entre le visuel, la technologie et la musique. Le tout se communique très bien vers le spectateur et devient un moment partagé. Tout ça, même avec une simple captation vidéo d’une caméra posée sur le toit d’une auto en faisant une petite promenade en campagne. L’œuvre n’est pas que la simple vidéo qui se déroule sous nos yeux mais le modelage et la construction ainsi que la destruction de cette dernière causée par les filtres du dispositif qui réagissent aux sons produits par le musicien en temps réel.
Mon analyse vise à dégager la recherche sous-jacente à l’action créatrice. Il s’agit ici d’une œuvre artistique qui parle par elle-même et qui est ressentie par les gens qui vivent le moment de façon différente. Dans le contexte performatif, tout est relatif encore une fois. Relatif à l’œuvre, au moment, au lieu et avec qui l’œuvre est vécue. L’œuvre est toujours un objet unique complexe qui s’inscrit au milieu d’une mer de contingences.